L’hiver

Quelle compagnie peut naître,
D’un rire ou d’une fenêtre,
Qui nous confie au loin,
La présence de quelqu’un ?

Et les mots doux et tendres,
Sortiront-ils quand même,
De nos masques en coton,
Pour toucher ceux qu’on aime ?

La distance est-elle juste,
entre deux êtres humains,
Quand elle scelle les portes
Et referme les mains ?

Car d’un coup tout me manque,
Et la foule et le bruit,
Non du fait de l’absence,
Mais de leur interdit.

Car l’autre ne m’effraie,
Pas autant qu’il me manque,
Et je l’inviterai bien,
À rejoindre ma planque,

À boire un thé fumant,
À rire de nos hivers,
A sentir pour un temps,
Que c’est lui qui m’éclaire.