À tous les coups

Un regard qui s’abaisse, une voix qui veut trembler
De peur de dire les mots qui pourraient l’énerver,

Une enfant qui donnerait alors tout pour grandir,
Pour être forte, pour être dure, pour enfin se tenir,

Devant ceux qui devaient pourtant la protéger,
Devant ceux qui n’arrivent pas à se contrôler.

A ce moment précis, une vie s’est arrêtée.
Une vie jusqu’alors faite d’innocente légèreté.

A ce moment précis où la main a frappé,
Emportant brusquement la confiance et la paix.

Et dépouillée de ça, à l’aube même de la vie,
Il a fallu grandir en acceptant le prix,

De ne pas être celle qu’on voudrait, qu’on aimerait,
De devoir être une autre, sans quoi la pluie tomberait,

Comment parler d’estime, de confiance, de courage,
Dans une enfance semée de grêlons et d’orages.

« C’était bien mérité », « ce n’était pas souvent »,
Ces mots n’ont pas de sens dans le coeur d’une enfant.

Y-a-t-il une raison qui soit bien défendable,
Pour pousser, rabaisser, menacer ou gifler ?

Si oui donnez-la moi, et jusqu’à la dernière,
Je me lèverai pour dire qu’elle est inacceptable.

Si les enfants battus ne parle pas assez,
Les parents qui se perdent, eux, n’en parlent jamais.