Que faire de nos rêves d’enfants ?

Nos rêves d’enfants sont des trésors purs, des mines de potentiels et de réalisations. Ils sont taillés sur mesure pour notre plus grand plaisir et bonheur.

Comment en être sûr ? Parce qu’un enfant sait, sans même réaliser qu’il sait. Il sent ce qui est bon pour lui. Il sent ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas. Il sent quel chemin il veut prendre. Et comme il ne remet pas en question ce qu’il ressent, tout aussi instantanément qu’il sent, il sait. Il sait ce qui est bon pour lui. Il sait ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas. Il sait quel chemin il va prendre. Et c’est aussi pour ça qu’il change d’avis et d’humeur tout le temps. Il suit ses ressentis. Être cohérent n’est pas un sujet ni une nécessité pour lui. D’une minute à l’autre, il veut et ne veut plus, il prend et rejette, il rit et il pleure.

C’est pourquoi je n’aime pas l’idée d’abandonner ou d’oublier nos rêves d’enfant. Parce qu’ils nous indiquent encore des chemins qui peuvent nous nourrir, nous épanouir. Mais je n’aime pas non plus l’idée d’en faire l’unique voie d’un accomplissement personnel. Déjà parce que nos rêves d’enfant ne sont pas toujours compatibles avec nos envies une fois adulte (je rêvais d’être chanteuse…mais je déteste les auditions et j’aime encore moins devoir chanter des reprises « connues » pour plaire ou faire des concerts à pas d’heure dans des bars). Mais aussi parce que ça pose un pression incroyable sur ce qu’on aime profondément faire. Ces activités contiennent alors tant d’attentes que l’on n’ose même plus y toucher. Combien de personnes ne font pas ce qu’elles aiment par peur de ne pas faire vraiment ou assez bien et d’abîmer le rêve ?

Alors, voici ma réponse, ma réponse C : j’aime me rappeler de mes rêves d’enfant et les jouer quand j’en ai envie, comme un enfant le ferai, avec spontanéité, sans but. Car ils parlent encore aujourd’hui (et parleront toujours) de ce qui me fait du bien.

Je pensais que si je n’en faisais pas mon métier ou si je n’étais pas un minimum reconnue pour ça, alors ça ne compterait pas. Mais je crois maintenant que ces dernières conditions sont des conditions d’adultes posées sur des rêves d’enfants. A 6 ans, je rêvais d’être chanteuse, pas de chanter à l’Olympia.

Parfois je chante, parfois je joue, parfois je fais ma chef (oui c’était aussi un de mes rêves), parfois je suis comique, parfois je me donne en spectacle et parfois j’écris. Et c’est ainsi que mes rêves d’enfant se réalisent chaque jour, sans pour autant gouverner ma vie. Je ne les maintiens pas dans l’ombre et ils ne me maintiennent pas dans le regret. C’est ainsi que je les vis librement.